L'affichage d'opinion à Reims (II)

Guillaume PRIN
Catégorie
Information locale

Le précédent article sur l'affichage d'opinion à Reims (I) notait que le Maire ne respecte pas la loi en refusant de réserver les colonnes d'affichage libre aux activités associatives et qu'il n'a apporté aucune réponse sur le fond du problème signalé plusieurs fois depuis 8 mois.

Il se terminait sur la mention d'une note sur le cahier de doléances de la ville, par une adjointe du Maire, à savoir l'illégalité des affichages commerciaux et la dérobade du Maire.

La réponse d'Arnaud Robinet est arrivée par un courrier daté du 18 janvier. 

Réponse n°1 du Maire Arnaud Robinet sur l'affichage libre

 

Notons en passant qu'à la mi-janvier, un appel de la Police municipale a prévenu que la mairie s'était plainte de l'affichage illégal sur le mobilier urbain et qu'il faudrait le faire cesser. Ce qui a été fait promptement, mais pas sans souligner que cette situation vient d'une atteinte à la liberté d'expression sur les colonnes d'affichage en raison de l'inaction du Maire.

 

A la suite de ces derniers événements et en l'absence d'évolution de la situation sur le terrain, tous les membres de l'opposition municipale ont été saisis pour leur demander collectivement de bien vouloir agir afin de rappeler à Monsieur Arnaud Robinet ses obligations.

La réponse la plus surprenante fut celle de Monsieur Stéphane Joly (écolo). 

Réponse de Stéphane Joly sur l'affichage libre

 

 

Le silence des élus PS/DVG représentés par Eric Quenard fut tout aussi surprenant et ce, malgré la sollicitation en parallèle de deux militants LFI actifs qui avaient été avertis de la démarche.  

Seul Monsieur Jean-Claude Philipot (RN) a répondu rapidement, parce qu'il en a lui aussi assez de voir ses affiches abusivement recouvertes par certains annonceurs. Pour contraindre le Maire à répondre devant le Conseil municipal, un voeu a été préparé. Télécharger le fichier PDF.

 

L'extrait vidéo du dernier Conseil : 

 

 

Transcription de la réponse du Maire :

Je sais que vous n'appréciez guère les structures culturelles de la ville, mais il n'y a pas que la Cartonnerie qui profite des colonnes libre expression pour annoncer des concerts ou autres événements culturels dans notre ville. Mais je reconnais qu'il y a un nécessaire toilettage en matière de pratiques sur ces supports qui n’ont pas évolué depuis 30 ans et l'usage s'est imposé depuis ces 3 dernières décennies.

Je suis attaché à la libre expression, comme je suis attaché également à la bonne communication des événements culturels ou concerts ou événements et j'ai demandé au service d'examiner cette question.

Je tiens à vous dire également que je prendrai un arrêté pour lutter contre les dégradations de mobiliers urbains lors des campagnes électorales, parce que certains partis politiques sont habitués à faire de l'affichage, dit sauvage, sur le mobilier urbain, comme le parti politique que vous citez, parce que je crois qu'on voit un petit partout la bobine du Président de ce parti politique sur du mobilier urbain et donc sur du collage, dit sauvage, et donc je prendrai plusieurs arrêtés pour contrôler ce collage sauvage, notamment pendant les campagnes électorales.

Pour autant, faire un vœu sur ce sujet n'est pas très pertinent puisqu'il est essentiellement technique. Je vais mettre aux voix votre vœu. Suite à la lecture du vœu, je propose de ne pas y donner suite.

 

Résultat du vote :

Les élus de la majorité et une partie des groupes d'opposition ont suivi comme un seul homme la proposition du Maire de rejeter le voeu. Tous semblaient davantage avoir le souci de ne pas froisser Arnaud Robinet que de protéger la liberté d'expression.

Aucun élu du groupe représenté par Eric Quenard n'a pris part au vote, sans que ce dernier n'ait exprimé le motif de sa démotivation à protéger la liberté d'expression.  

 

Voir tous ces élus, qui s'imaginent certainement indépendants, suivre comme un seul homme leur tête pensante sur un sujet qu'ils auraient dû être nombreux à avoir à coeur de défendre était un spectacle assez affligeant.

Auraient-ils oublié que la liberté d'expression est essentielle au bon fonctionnement d'une société dite démocratique ? En refusant de défendre cette liberté fondamentale, ce bien commun indispensable à l'expression du pluralisme politique, peuvent-ils vraiment se prétendre démocrates ?

Le côté positif qu'il faut retenir, c'est que Monsieur Robinet s'est enfin exprimé sur le fond du problème et qu'il a admis sa responsabilité, ce qui est un net progrès après 8 mois de dérobade. 

 

Il a tout de même prévenu qu'il sanctionnerait l'affichage illégale sur le mobilier urbain et qu'il examinerait avec ses services la question de l'affichage illégal sur les surfaces d'affichage libre. 

 

 

A la suite de deux récentes sorties pour aller coller des affiches, des photos ont été prises pour attester que différents annonceurs utilisent toujours abusivement les surfaces d'affichage libre. Télécharger le fichier PDF du 7 février 2019

Les photos permettent d'identifier certains des annonceurs qui profitent régulièrement et gratuitement de ces surfaces pour de la publicité commerciale. 

  • La Cartonnerie pour plusieurs concerts et le festival Magnifique Society
  • L'Opéra pour un spectacle le 9 février
  • EURO-PUCES organisé par des professionnels au parc des exposition les 2 et 3 mars
  • Le Capitole à Châlons-en-Champagne pour un concert le 29 mars
  • Le Millesium à Epernay pour un concert le 18 mai
  • L'Athmosphère à Rethel pour un concert le 1er mars

Notons bien que ces annonceurs ne sont pas à blâmer dans la mesure où l'inaction du Maire les encourage à agir ainsi.

 

Le vendredi 8 février, la mairie a été contactée pour savoir si la communication sur l'usage de ces surfaces avait évolué, mais il n'en était rien : n'importe qui peut peut coller des affiches sur les colonnes d'affichage libre expression, les spectacles y ont donc leur place. 

Après avoir réexpliqué la situation, un courriel a été envoyé pour qu'il soit transmis au service concerné. Ce courriel rappelait la loi et le devoir du Maire de l'appliquer en sanctionnant l'affichage irrégulier, aussi bien sur le mobilier urbain que sur les surfaces d'affichage libre.  

 

Maintenant que le Maire a été mis face à ses responsabilité, nous verrons combien de temps il met à réagir, mais il doit savoir que nous ne lâcherons rien et qu'un courrier sera prochainement adressé à Monsieur le Préfet. 

 

Le mardi 12 février, l'affichage irrégulier continue à entraver la liberté d'expression, alors que nous étions présents sur plus de la moitié des colonnes d'affichage depuis samedi.

 

La suite, prochainement.