L’affaire Itron : les leçons à tirer

Guillaume PRIN
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A présent, tirons des conclusions objectives sur cette affaire bien triste, surtout pour tous les salariés, mais aussi pour quiconque désire voir régner une justice bienfaisante et contribuer à un changement radical, profitable à tous.

Constatons en premier lieu que cette usine appartient à un groupe américain aux capitaux apatrides, donc indifférents à l’intérêt de chaque nation européenne. Les bras et les cerveaux de ces nations ne sont pour la finance internationale vagabonde que des moyens de s’accroître démesurément et peu importe le sort de ceux qui l’enrichissent par leur labeur. Il faut s’interroger. Pourquoi donc Monsieur Valéry Giscard d’Estaing, privilégié parmi les privilégiés, a-t-il jeté un cri d’alarme contre une telle finance ? Ne craint-il pas que les peuples, lassés de supporter un joug toujours plus accablant, ne se soulèvent avec une violence dévastatrice ? Oui, en France notamment, l’arc est trop tendu et la corde risque de se rompre brutalement pour ces raisons certes, mais pour d’autres aussi.
La première conduite à tenir contre ce fléau vorace, c’est de ne jamais s’incliner, ne jamais se diviser, mais opposer un front uni. Comme le dit justement, en d’autres termes, l’avocat des salariés d’Itron, se coucher, c’est perdre inéluctablement, se dresser, c’est pouvoir obtenir de meilleures concessions pour les salariés, et ceci dans le calme, sans violence destructrice et sans haine.

Ce qu’il faut bien voir aussi, ce sont les desseins et les manœuvres de cette Finance vorace. Elle veut abattre les nations et leurs frontières protectrices, qui sont autant d’obstacles à ses visées, pour avoir un vaste champ d’action où ses capitaux circulent librement et prospèrent au mépris des intérêts élémentaires de ces peuples. Son stratagème est d’investir dans les pays européens, pour ne parler que d’eux, où le salaire minimum est le plus bas. Ainsi en Hongrie où le salaire minimum est à 353 euros, de même en Pologne où il est à 500 euros. Son arme destructrice est donc la délocalisation qui défavorise l’un au profit trompeur de l’autre, qui demain peut subir le sort du premier. On ne peut en vouloir à ces nations qui cherchent à vivre, ou à survivre, car chacune a pour premier devoir d’assurer en son sein un bien-être. De même que le gouvernement français devrait d’abord et avant tout se soucier des intérêts de notre peuple et réduire la pauvreté croissante, de même ces nations sont contraintes, dans le même but, d’accepter les conditions draconiennes des financiers et des banques. Elles ne doivent donc pas être tenues pour coupables. La lourde responsabilité est ailleurs. Elle pèse de tout son poids sur l’Union Européenne, instrument créé par la Finance pour asservir les peuples à l’Argent d’une oligarchie et les déposséder de leur souveraineté et de leur faculté de rejeter ce qui est nuisible pour eux. Soit dit en passant, il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur l’Argent, car, comme on l’a dit, il est un mauvais Maître, mais un bon Serviteur. En tant que Maître, il est malfaisant, en tant que Serviteur, il est bienfaisant. C’est contre ce Maître malfaisant qu’il faut se dresser.
La vraie difficulté est de détromper les peuples auxquels on inculque que leur salut se fera par, avec et dans l’Union Européenne, alors même qu’on les conduit à une perte assurée. La tâche de l’UPR est de déciller les yeux des travailleurs abusés par les pantins politiques qui prônent, tantôt le maintien dans l’Union Européenne amendée, tantôt la création d’une nouvelle Union Européenne. Toutes ces vues de l’esprit ne tiennent pas compte des réalités humaines et sont vouées à l’échec. Cette tâche de dessillement n’est pas assumée dans l’intérêt d’un parti, mais dans celui de la France et de tous les Français.

Un troisième point mérite notre attention. C’est la réponse de la Direction de GRDF, selon laquelle le contrat avec Itron a été conclu dans le cadre d’un appel d’offres européen en application de la règlementation à laquelle GRDF est soumise. C’est dire clairement que les lois européennes entravent notre légitime pouvoir de décision. L’ennemi de nos intérêts nationaux est donc tout désigné : c’est l’Union Européenne qu’il faut combattre et abattre, sans oublier la part de responsabilité qu’ont les pantins politiques qui applaudissent à l’Union Européenne ou à une nouvelle mouture et trompent les peuples en leur cachant les méfaits de cette funeste institution.

P.S. Comme nous suivons cette affaire de près, il se peut que nous ayons à y revenir.